Je suis saoulée, saoulée de mes pensées, de mes regrets, de ses sourires, enfin d'compte de nos souvenirs. Abreuvée par chacun de tes mots si lointains à présent, mais si présent dans mon coeur. J'dégueule des mots chacun se suivant un par un, en s'rapellant nos mains ensembles, tu t'rapelles, nan? Moi j'm'en rapelle. Pose ta tête contre mon coeur, c'est parti, j'te déballe notre vie. Franchement faut que j'te dise que ce soir j'ai mal, j'écoute "nos" chansons à l'ancienne sur lesquelles tu murmurais ces je t'aime si précieux, si merveilleux, enfin bref, ils puaient ton futur adieu à vrai dire. Hey bonhomme, n'oublie pas que sans toi, j'suis plus moi, et comme t'es plus là, à présent j'fais comment moi? J'dirai pas qu'ma vie n'a plus d'sens car ça serait mentir, mais bon, elle s'détourne, s'retourne, ca m'donne le tournis. Mille chemins s'offrent à elle et pourtant elle stagne, moi j'en veux qu'un, c'est le tien, et pas un autre. Les larmes s'écoulent, l'rimel coule, tu s'rais là tu m'dirais "ma poule pleure pas, j'suis là pour toi", et tu m'essuirais d'un revers de main ces larmes qui n'seront qu'un lointain souvenir demain. La nuit j'rêve de nous, faut j't'avoue. Tu trouverais ça pathétique, même moi j'me trouve critique mais bon c'est comme ça et pas autrement, si j'disais l'contraire, j'mentirais, à quoi ça servirait? À rien, ben ouais j'sais bien.
Il s'fait tard, et pourtant l'mal s'attarde, ces temps ci, t'as refait surface dans ma vie, j'pensais qu'le temps effacait les envies, et aurait pu m'faire oublier tes traces mais j'me mentais, mon coeur était toujours à vif. J'me pensais forte, mais j'avais tort, sur beaucoup d'choses en y repensant. Du genre quand j'disais qu'toi et moi c'était qu'un simple kiff passager, j'en ris encore aujourd'hui. J'me mens, tu m'mens, on est d'beaux amants non? Amants du coeur, amants d'la pensée, mais dorénavant séparés à jamais, enfin non pour un bon bout d'temps, certainement. Si seulement on s'aimait, que dis-je bien sûr qu'on s'aime mais entre nous y a ce qu'on appelle la haine. J'te hais bien plus que j't'aime, enfin non je n'sais pas, j'en doute, et ça m'coûte de parler d'ça, d'écrire sur ça, parce que ça fait partie de moi, tu fais partie de moi, au fond t'es carrément moi. On est lié malgré qu'on ne le veuille pas, j'fais mon deuil face à notre amour décédé, pourtant je t'aime. Je t'aime à en mourrir. Sous chaque sourire sache qu'il y a une pensée pour toi, à chacuns d'mes rires, sache qu'il y a une décibel pour toi; pour toi, tu vois.